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Légende Les billets du XIXème coupés en deux
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Claude Fayette, le 26/10/2004

Dans la première moitié du 19 siècle, il est à noter une pratique alors en vigueur chez les Receveurs Généraux qui consistait pour des raisons évidentes de sécurité à envoyer un billet coupé en deux parties égales par deux courriers différents. Le destinataire une fois en possession des deux moitiés pouvait alors reconstituer son billet et l'utiliser normalement malgré sa mutilation temporaire. Les usagers seront tentés à leur tour d'utiliser ce procédé, mais la Banque de France refusera de réutiliser ces billets mutilés et subira ainsi une perte notable en devant produire à grands frais de nouvelle coupures. Cette habitude durera pratiquement jusqu'à la fin du siècle pour progressivement disparaître avec la multiplication des succursales et des organismes financiers. En effet les statuts fondamentaux de 1808 avaient étendu le privilège d'émission de la Banque de France jusqu'alors limité à Paris à des villes ou des départements dans lesquels il devenait nécessaire de créer des Comptoirs d'Escompte qui peu à peu deviendront des succursales rendant ainsi la circulation fiduciaire plus intense et plus aisée.

Une moitié + une moitié = une grande rareté

Du 24 février au 5 mai 1996 le Club Europeen du Papier Monnaie organisait alors en participation avec la Banque d'Italie et la Caisse d'Epargne de Parma et Piacenza une très importante exposition "Soldi d'Italia" magnifiquement orchestrée par notre Vice président Guido Crapanzano. De nombreux membres du Club invités firent le déplacement parmi lesquels bien sur l'incontournable Michel Becuwe.
Chacune des rencontres du Club nous permet de partager les dernières nouvelles et de nous tenir au courant des éventuelles découvertes. Michel Becuwe grand découvreur de raretés, me présenta ce jour là un billet surprenant que lui avait confié un collectionneur à mon intention et que je brûlais d'envie de pouvoir enfin toucher et peut-être même acquérir. Pas de doute possible la coupure était bien "dans son jus" et présentait un grand attrait.


Il s'agissait d'un rare billet de 100 Francs Type 1862 "Indices Bleus" premier billet de 100 Francs imprimé en bleu, comportant la date et la numérotation au verso, réalisé d'après un dessin de Brunet et de Cabasson gravé par Pannemaker et par Vauthier pour le recto et L. Massay pour le verso. Ce billet avait été en son temps et pour les raisons exposées précédemment coupé en deux parties et recollé mais la grande originalité et particularité de la coupure était que les deux parties qui la reconstituaient ne provenaient pas d'un même billet mais de deux billets différents d'où le trouble de mon ami Michel sur l'authenticité de ce montage.
Sur le recto, en bas à gauche imprimé en bleu l'alphabet R174, sur la partie droite le numéro manuscrit 863, alors que sur le verso à gauche imprimé l'alphabet O164 et à droite manuscrit le numéro 888 au centre la date du 16 décembre 1866.
On peut noter que les deux billets ayant servi à cette reconstitution erronée ont été imprimés à des dates très proches; 16 décembre 1865 et 29 janvier 1866, les deux coupures à l'époque circulant donc dans le même temps.
La date du 16 décembre 1865 de plus était inconnue et signalée dans l'ouvrage du XIXème édition 1991 siècle 16 novembre 1865 pour l'alphabet 164, d'après les archives officielles compulsées, les alphabets 165 et 166 devraient donc comporter elles aussi les dates du 18 et 21 décembre et non novembre 1865.
Je ne connais cette très rare coupure de 100 Francs qu'à 3 ou 4 exemplaires dont un proposé dans un catalogue du regretté Victor Gadoury à un très gros prix malgré un manque important dans un angle. D'autre part je n'ai pas connaissance hormis la Banque de France d'un collectionneur possédant une seule moitié de billet de cette rareté. Comment donc pourrait-on de nos jours "fabriquer" une telle reconstitution ? L'authenticité de ce billet ne fait aucun doute et à l'appui de cette affirmation il convient de préciser que ces 2 unités qui ne se correspondent pas sont sans doute le résultat d'expéditions simultanées avec des billets aux dates de création très proches.

D'un intérêt historique certain, ce "billet coupé entier" semble être un des seuls exemplaires connus, (peut-être l'unique) véritable témoin de coutumes de son temps, la Banque de France possédant quelques rares moitiés de billets, entre autres deux moitiés gauches du fabuleux 5000 F rouge type 1846.

Article paru dans la revue Numismatique & Change de septembre 1999.

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