
Il existe des documents monétaires suscitant un réel engouement, et un grand pouvoir attractif, bien que non répertoriés. Il s'agit des essais et épreuves d'artistes, préparant et précédant la fabrication d'un nouveau billet.
Réalisés sur papier fiduciaire ou autres supports, certains sont pratiquement inconnus, n'ayant pas vu le jour en type coursables, d'autres avec des valeurs différentes, les plus "courants" sont au type adopté.
Parfois numérotés 000 ils se distinguent des spécimens par l'absence de cette mention, de filigrane, et par des variétés de couleurs (monochrome ou polychrome). Certains sont massicotés, d'autres sur grand papier, ils portent parfois en marge au crayon des annotations, les références de la, ou des couleurs utilisées d'après le nuancier de la Banque de France: exemple les épreuves de Clément SERVEAU type 1940, du 20 Francs "Science et Travail" n°12, qui firent l'objet d'études et de recherches très poussées par son auteur, qui dut refaire plusieurs fois les personnages du recto, Les études commencées en 1922, n'ont abouti qu'en 1926, et ces maquettes gardées en réserves ne furent utilisées qu'en 1939.

Essai du
20F Sciences et Travail
La valeur de ces très rares documents fut mise en évidence dans les catalogues n°1 et n°2 de J. P. VANNIER en Octobre 1973 et Janvier 1975 (collection PIEL), de l'atelier GASPERINI à Drouot en 1982, de la collection Georges THOMAS, catalogue J.P.V. n°21 Avril 1985 et n°26 Avril 1986.
Depuis ces différentes ventes assez anciennes, de nombreuses épreuves unifaces ou recto/verso de billets ayant eu cours légal ou nayant pas été émis ont atteint de nos jours des prix très importants.
Lors de la vente de la collection Delamare en Juin 2000, certaines épreuves ont réalisé plus de 5000 € selon lintérêt historique des pièces proposées. Plus récemment en Janvier 2003 la vente de la Collection Mattei a montré avec force que certains spécimens, avec ou sans filigrane, pouvaient rivaliser aujourdhui avec de nombreuses raretés étrangères. Lépreuve définitive du "Colbert" a atteint le prix de 14400 €, celle du 1000 F "Aux Trophées" 6500 € sur un ordre de 13000 €, lessai de 1860 du rarissime billet de 1000 Francs "Succursale de Chalon-sur-Saône" ayant quant à lui réalisé le prix de 9000 € sur un ordre de 13000 €. On peut sapercevoir de la nette progression de tous ces spécimens ou épreuves rares que lon ne rencontre il est vrai pratiquement jamais sur le marché.
On ne peut terminer sans évoquer l'existence de maquettes originales, au crayon, ou à la gouache, sur calque ou sur papier à dessin, représentant tout ou partie d'un billet et quelquefois signées par l'auteur.

Maquette
du 100F Paysan (non adopté)

Ebauche du
1000F Richelieu
Ces maquettes originales sont rares et toujours assez "anciennes" car la Banque de France, suite à "l'affaire" Luc Olivier-Merson dans les années 30, demande maintenant systématiquement tous les documents originaux aux artistes participant à l'élaboration de nouveaux billets. Il s'agit de véritables uvres d'art que l'on ne peut coter ou très difficilement évaluer. Le sentiment exceptionnel, de posséder un dessin original qui a servi à fabriquer des millions, voire des milliards de billets, fait que les billetophiles considèrent souvent ces uvres originales comme les pièces maîtresses de leur collection.

Ebauches
du 10.000F Bonaparte
